Articles

  • JEMA 2021
    Vidéo de présentation Les JEMA sont une occasion pour nous les artisans d’art de vous rencontrer pour vous présenter notre travail et notre univers dans lesquelles nous sommes plongé toute l’année, 24h/24; 7j/7; 365 jours par an. Je fais partie de ses artisans dont leur travail et aussi leur passion. Tout ce que je fais dans la vie à toujours un lien direct ou indirect avec mon travail, mes lieux de vacances, les aménagements de mon lieu de vie, … Je m’appelle Charlène, j’ai 33 ans et je suis tombé dans la marmite des arts textiles depuis presque 15 ans maintenant. A l’époque, je préparé un BAC Pro Technicien Outilleur au lycée agricole Jean Mermoz, à Vire. Après obtention de ce BAC Pro, je me suis par la suite, dirigé vers un Brevet des Métiers d’Art en Broderie mains à Rochefort sur Mer. J’ai ensuite poursuivit avec un CAP Couture floue, pour ensuite me jeter à corps perdu dans le monde du travail. Me voici arrivé à l’Atelier National du Point d’Alençon, ou l’on m’enseigne une technique de dentelle à l’aiguille unique au monde, qui vient tout juste d’être classé sur la liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité de l’UNESCO, le 16 novembre 2010. Je passe donc, cinq années au cœur de cet atelier à me faire une première expérience professionnelle. 7 janvier 2015, je me lance dans le projet fou, d’un achat d’une maison à retaper (n’oublions pas que je vis seul). Une petite maison, au cœur de la forêt d’Ecouves, de 35m2 à la base dont seul la toiture et les murs sont impeccables. Maison servant de résidence secondaire depuis plus de 60 ans, il n’y a ni eau ,ni évacuation dans la maison, l’électricité et complétement obsolète, mais peur de rien j’installe un mobile home sur le terrain, me retrousse les manche et c’est parti pour l’une des plus belles expériences de ma vie !!! Février 2016, je fais le choix de quitter l’atelier national ou, je me sent désormais un peu à l’étroit. Et septembre 2016, je me lance dans la création de mon activité. Me voici a mener de front la rénovation de ma maison et la construction d’un projet professionnel dans un secteur pas des plus prometteur. Malgré une situation financière et un mode de vie très instable, ainsi qu’un manque de compétences certains dans de nombreux domaines. Je me forme, tâtonne, fait des essaye, tombe, réessaye, collabore, rencontre, essaye à nouveau, … Et nous voici, en 2021, à la sortie (nous l’espérons) d’une crise sanitaire d’une très grande envergure et il faut encore se battre très fort. Mais je suis là, une maison terminée et plus forte que jamais, plus compétentes, plus entouré et plus proche d’une activité professionnelle réussi. Je ne vais pas m’arrêter là, j’ai bien l’intention de continuer à progresser, à apprendre et à faire de nombreuse rencontre très enrichissantes. Et avec bien sûre de nombreux projets. Mes outils de communication Je suis artisane d’art et formatrice dans le domaine des arts textiles.J’ai pour spécialité les dentelles et broderie à l’aiguille dont le point d’Alençon, savoir-faire classé sur la liste représentative de l’UNESCO.Je pratique également la teinture sauvage réalisée, principalement, avec des plantes sauvages locales.Et je réalise des pièces textiles artisanales (linge de table, foulards, boutons brodées, …), je pratique également la restaurations et conservations textiles. Et je transmets l’ensemble des techniques que je pratique en étant formatrice au sein de l’organisme Coopérer Pour Former au côté de divers formateurs normands. Avez-vous déjà vu mes outils de communication papier qui ont été réalisé par Solveig de “Blow in Normandie” ! Des projets pour l’avenir Bien entendu, je ne compte pas m’arrêter là. J’ai déjà de nombreux projets en tête. Pour le moment, je commence par m’occuper de mon jardin. J’aimerais réaliser une forêt comestible afin de tendre vers une plus grande autonomie alimentaire, avoir une partie de mes extérieurs qui soient autonome et me demande moins d’entretien, mais également pour avoir une plus grande diversité de plantes tinctoriales autours de mon lieu de travail. Et ensuite, je commencerais à penser à un atelier. Actuellement, je travaille dans ma maison, qui n’était pas prévu pour être aussi mon lieu de travail. Régulièrement, la maison tout entière se transforme en divers ateliers. Le salon devient atelier de broderie pour mes grands métiers, ma cuisine mon labo de teinture lorsque l’arrière cuisine est trop encombrée, … Je rêve d’un atelier à deux pas de la maison, au cœur de cette forêt comestible, doté d’un bel espace atelier, pour réaliser de grandes pièces et pouvoir accueillir mes formations. Un labo de teinture, une mezzanine pour le bureau, un espace boutique pour recevoir les clients et pouvoir présenter le travail de mes collègues et amis. Un bâtiment, pourquoi pas en fuste, où je pourrais vous inviter à venir découvrir mon univers, simple, mêlé de tradition et de savoir-faire, en harmonie avec la nature qui m’entoure. Qu’en dites-vous ? Je vous donne maintenant rendez-vous très vite, pour de nouvelles aventures avec vous ! Merci J’en profite pour vous remercier, vous tous sans qui je n’en serais pas là aujourd’hui. Mes parents agriculteurs, qui m’ont inculqué la valeur du travail et de l’effort pour concrétiser ses rêves. Tous mes amis qui m’ont parfois ramassé à la petite cuillère ces dernières années, parce que oui, j’ai beau être forte, parfois ça ne suffit pas ! A toutes les personnes rencontrées et celles à venir, tant dans le domaine privé que professionnel, qui mon aidé, écouté, accompagné, encouragé, critiqué, donné des idées, …. Merci aux coopératives (cae), artisans, amis, élèves, clients, prospects, partenaires, passionnés, formateurs, … et tout ceux que j’oublie dans la précipitation ! Tout seul on va plus vite, mais ensemble on va plus loin 😉
  • Histoire de teinture et de nature
    Extrait de l’article publié dans la revue Orne Nature n°7, printemps – été 2020 Pour acheter la revu, c’est par ici.Ou pour le lire directement : www.chapo-artextiles.fr/publications/ De tous temps les textiles furent teints grâce aux couleurs organiques naturelles, végétales ou animales. D’après Dominique Cardon, chercheur au CNRS et spécialiste de l’histoire et l’archéologie du textile et de la teinture, les teintures naturelles les plus anciennes retrouvées seraient datées de l’âge de Bronze. La Normandie a une histoire très riche autours des différents Arts textiles, la teinture n’en fait pas abstraction, en témoigne les nombreuses rues du nom de « ruelle des teintureries », « rue des teinturiers », « rue des teintureries », « rue de la teinture », sur les villes de : Sées, Flers, La ferté Macé, Caen, mais également sur Barenton, Le Petit Quevilly, Carentan. On trouve les premières traces de la teinture en Normandie, dans le Calvados, sur le site archéologique de Cômmes, pour le travail du Nucella Lapillus (un coquillage) appelé également pourpre d’Atlantique. Par la suite, les travaux de teinture dans la région se poursuit dans différentes petites productions sans grandes réputations, nous en avons donc très peu de trace. C’est à la fin du Moyen Age que de nombreuses draperies voient le jour autour d’Elbeuf et de Rouen. La plupart des ateliers sont installés directement dans les draperies où les teinturiers travaillent directement au service du drapier. Mais ces derniers n’ont pas assez de production pour faire vivre des ateliers de teinture avec leur unique production. On vois donc apparaître en 1708 un premier atelier de teinture mise en place par un collectif de drapiers. Puis au XVIIIe siècle apparaît en France la mode des indiennes (étoffe peinte à la main ou imprimé au tampon, originaire d’Inde). La Normandie n’échappe pas à cette folie et malgré une prohibition de la vente de ses toiles, de 1646 jusqu’à la révolution, une contrebande continue d’alimenter la région. C’est en 1789 que l’on voit s’ouvrir à Rouen des ateliers de teinture d’imprimer. Un atelier vit le jour sur Caen, mais ne survécût pas à la Révolution. Pour le XIXe siècle, nous pouvons rencontrer d’autre usine de teinture : Flers, La Ferté Macé, Rouen, Elbeuf et leurs alentour. On peut également rencontrer de petits ateliers sur Alençon, Falaise, Saint lô, … Durant des millénaires, les modes et les besoins ont varié en fonction des besoins, mais aussi, des prix de revient des productions, menant parfois à remplacer des ressources locales par des matériaux venus du bout du monde, de pays dans lesquels on pillait parfois les ressources naturelles (ex : les bois exotiques) et où l’on pouvait exploiter le travail des esclaves. L’avènement des colorants de synthèse, à partir des années 1960, a entraîné la disparition en Europe des colorants naturels. Aujourd’hui les préoccupations environnementales, les questions de l’économie durable, de toxicité des colorants synthétiques, issus du pétrole, remettent au goût du jour, ce savoir-faire. Charlène Poret
  • La Sarthe et le chanvre
    La culture du chanvre est une des spécialités sarthoises. Sa culture y remonte au XVIIIe siècle ; au début du XXe siècle, ce département était le premier cultivateur de chanvre en France. Le chanvre est une plante vivace annuelle, semée fin mai début juin, sur des terres chaudes et humides. La terre à besoin d’être très meuble et demande 3 labours avant les semis. Le semis se faisait autrefois à la volée par les femmes, puis un passage de herse sur les graines permettait de les recouvrir ; vint ensuite l’industrialisation notamment pour les techniques d’ensemencement. La plante sort de terre après 4 jours, au bout de 8 jours le sol est recouvert, et 3 mois plus tard, la plante arrive à maturité, elle pousse d’environ 10 cm par jour. Cette plante fait partie du genre botanique Cannabis à même titre que ceux dits récréatifs, mais je vous déconseil de l’essayer vous risqueriez uniquement d’être malade ; elle présente des pieds femelles et des pieds mâles (dioïque). La récolte se fait à la période de la Saint Louis vers le 25 Août, on récolte le basson (pied+tête) par arrachage. Puis viennent les étapes qui vont permettre de séparer la fibre textile ou chènevotte de la tige putrescible (aujourd’hui utilisée pour l’isolation). Ça commence par le rouissage, cette phase consiste à plonger les plantes dans l’eau durant 4 à 5 jours (elle engendrait également une forte pollution de l’eau au grand dam des pêcheurs, et les poissons faisaient régulièrement des indigestions de chenevis). Cette étape était réalisée par le charretier et le patron de la ferme : ils empaquetaient les bassons par douzaine, puis positionnaient en croix les premiers pour faire une sorte de radeau et ensuite ajoutaient les autres par dessus. On finissait par une couche de paille pour protéger la plante avant de poser des cailloux sur le tas et ainsi alourdir l’ensemble pour que tout le radeau soit sous l’eau. Ces radeaux immergés, aussi appelés « taillés », comptaient environ 60 douzaines, ils étaient réalisés dans des mares ou directement en rivière notamment dans la Sarthe. Après le rouissage les bassons sont séchés au soleil, directement étalés sur le champ durant une semaine, ils seront retournés une fois (généralement par des enfants) pour qu’ils sèchent des deux côtés, puis engrangés. C’est à l’hiver que l’on reprendra les prochaines étapes. Il y aura d’abord le broyage, mais avant cela les bassons seront passés dans un grand four (bâtiment proche d’une volière en plus petit, avec deux portes, une en bas pour l’alimentation du four, une autre plus haute pour aller déposer les bassons). En effet le broyage se fait plus facilement avec des fibres chaudes. Et enfin, les brins serons passés par un affûteur, dans une brayeuse et récupérés de l’autre côté de la machine par le tire cul. Les finitions se feront sur une petite brai. Avec toutes ces étapes, nous obtenons la fibre de la plante. Grace au peignage, les fibres sont triés en deux sections, les grosses issues des plantes femelles serviront à faire des cordages et des sangles pour l’armée, l’agriculture et l’industrie. Une partie de la production sera travaillée sur place et une autre partie de la production sarthoise sera envoyée à la corderie royale de Rochefort sur Mer. Les fibres plus fines, issues des plantes mâles, serons utilisées pour le travail textile, elle seront stockées en « poupine » jusqu’à ce qu’elles soient vendues. La fibre de chanvre est plus longue et plus rêche que la fibre de lin. Aujourd’hui on cultive de nouveau du chanvre pour faire des isolants naturels pour les intérieurs de maisons. Pour en découvrir plus, je vous invite à visiter le Prieuré de Vivoin dans la Sarthe.Et aller visionner cette vidéo : Le chanvre (vidéo en français, sous titré en anglais) ChaPo, janvier 2019
  • Être brodeuse et dentellière, à quoi ça sert ?
    C’est une question que j’entends régulièrement, et ne parlons pas des dentellières qui non seulement font un métier dont bon nombre n’en voit pas l’utilité, mais en plus elle sont fonctionnaires ! Je rentre justement d’un colloque sur les PCI (Patrimoines Culturels Immatériels) qui a eu lieu à Granville dans le département de la Manche, en ce début février 2018, c’est pourquoi, j’aimerais par cet article vous amener à cette réflexion. Voici, quelque bribes de réponses que j’ai pu trouver. Être brodeuse et dentellière, c’est préserver des savoir-faire, donc être acteur de la préservation d’un Patrimoine Culturel Immatériel vivant. Oui avec ça, vous n’êtes pas plus avancé. Qu’est-ce que cela apporte de préserver ce patrimoine ? – Préserver un patrimoine vivant et humain, préserver notre passé qui a fait notre société actuelle, qui continue à évoluer et contribuera aussi à créer notre société de demain. – Jouer un rôle important de lien social intergénérationnel indispensable à nos sociétés humaines, l’Homme, comme bien d’autres espèces sur Terre, n’est pas fait pour vivre seul. – Permettre la valorisation d’un territoire, contribuer à son dynamisme et son image en l’entraînant dans une politique de développement durable. – Et bien souvent, il est un apport économique direct sur son territoire soit par le biais touristique soit par le biais d’entreprises actrices de cette préservation. En résumé, mon travail est similaire à celui des Parcs Naturels Régionaux, à celui de la Manufacture Bohin ou encore celui de La Fabrique du Patrimoine, nous somme tous des acteurs complémentaires de la sauvegarde de notre Patrimoine Culturel Immatériel Français. Mais concrètement, comment arrive t-on à cette préservation ? Et bien, cela n’est que ma vision des choses, mais, déjà, il faut un travail collectif entre acteurs politiques, publics et privés, nous n’y arriverons pas en restant à faire nos petites actions chacun dans notre coin. Ensuite il faut communiquer et valoriser ce savoir-faire, aux nouvelles générations, ou aux nouveaux arrivants qui ne connaissent pas les coutume de notre territoire. Et puis il faut le laisser avancer, évoluer avec son temps, ne surtout pas vouloir le garder figé pour qu’il puisse s’adapter à chaque époque. Sans oublier de le transmettre d’un côté auprès du public d’amateur afin qu’il soit connu du plus grand nombre, et également auprès de professionnels dans le but de préserver son histoire, sa technique et ses différentes évolutions. Voilà, j’espère vous avoir éclairer sur la question. Je finis juste en vous parlant de l’UNESCO : Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture, qui à créé en 2003 deux listes de Patrimoine Culturel Immatériel à préserver : une liste représentative et une autre de sauvegarde urgente. Le savoir-faire du Point d’Alençon, dentelle à l’aiguille Ornaise, est depuis le 16 novembre 2010 sur la liste représentative du Patrimoine Culturel Immatériel de l’UNESCO.
  • Homo Lichen
    Bienvenu dans le monde des naturalistes. Ce documentaire « Homo Lichen » nous invite à découvrir un monde très méconnu de nos jours. Le résumé du film nous dit : « Le lichen est partout : sur les bâtiments, les roches, les arbres, les sols, dans les déserts de sable comme de glace. Tout un chacun en a déjà croisé. Néanmoins, pour le curieux, il n’existe ni films documentaires, ni livres accessibles aux amateurs. Le lichen semble réservé aux botanistes spécialisés et passionnés.Paradoxalement, si l’on parcourt l’histoire, les rapports que l’Homme a entretenu avec le lichen sont nombreux. Utilisé pendant des siècles comme nourriture ou comme médicament, pour les teintures ou les parfums, il est aujourd’hui revalorisé pour ses caractéristiques biologiques. Certains lichens font de fantastiques bio-indicateurs afin de mesurer la pollution de l’air quand d’autres, résistants à de fortes pressions du milieu, sont envoyés dans l’espace par l’Agence Spatiale Européenne.Le documentaire Homo Lichen s’écrit comme une ethnographie de l’espèce lichénique, révélant dans ses rapports avec les Hommes sa force poétique et mythologique. » Dans son documentaire, Marie Lusson va à la rencontre de scientifiques qui travaillent au contact des lichens, mais pas uniquement. Elle nous fait découvrir, que nombreux sont les univers que les lichens explorent.Le lichen est associé à bien des savoir-faire ancestraux, du « livre boîte » pour leur conservation en Herbier, à la teinture végétale dans le monde du textile, en passant par la principale source de nourriture des rênes du peuple Sam en Suède. Le lichen nous fait traverser de nombreux univers. Pour en revenir à la teinture naturelle à base de lichen, ce documentaire présente une très bonne intervention de Marie Marquet, ethnologue spécialiste des teintures naturelles, qui nous fait découvrir une petite palette de couleurs pouvant être obtenues avec des lichens. Je recommande ce documentaire avec juste une petite critique, certaine partie sont un petit peu longues, j’ai peur que les non-initiés n’arrivent à tenir jusqu’au bout. Sources photos :Xantoria-parietina / Evernia-prunastri / Usnéa / Lasallia-pustulata / Cladonia / Flavoparmelia-caperate